Article Midi libre: Des pilotes donnent des ailes aux handicapés
Depuis quelques années, une nouvelle facette du parapente émerge : celle de l’accessibilité aux handicapés.
Survoler les montagnes et les toits des villes n’est donc plus un doux rêve pour les paraplégiques et les tétraplégiques, longtemps victimes d’une pénurie d’activités adaptées. En France, déjà 130 moniteurs confirmés, dont cinq en Sud-Aveyron, possèdent la qualification pour faire décoller en biplace des personnes à mobilité réduite. Et ils sont encore nombreux à vouloir relever le défi…Pour preuve : depuis jeudi, sur la piste de décollage de la Pouncho et dans le champ de la Borie Blanque, la Fédération française de vol libre (FFVL) forme onze parapentistes français au cursus pilote biplace Hand’Icare. « Pour faire voler une personne à mobilité réduite, explique Jean-Jacques Dousset, conseiller technique à la FFVL, il faut désormais obtenir cette qualification. Elle s’adresse aux pilotes qui ont de la bouteille car le matériel utilisé est plus difficile à manier. Il demande plus de dextérité, notamment dans la phase de décollage et d’atterrissage », poursuit le Gapençais tout en supervisant les envols avec l’aide du Millavois Michel Savy, moniteur affilié au comité départemental de vol libre (CDVL). Dans un premier temps, le stage permet aux pilotes de se familiariser avec l’utilisation de ces fauteuils de vol en tandem que l’on nomme communément “chariots”. Moins onéreux à l’achat (environ 2 500 €) qu’à l’époque des premiers prototypes brinquebalants, les nouveaux modèles de fauteuils “passifs” s’adaptent de mieux en mieux à la morphologie des personnes handicapées. Le but étant de « partager la pratique avec les non valides et leur donner la possibilité d’être, à terme, autonomes en v ol », confie le moniteur Samuel Regimbeau. Une autre partie de cette formation consiste à sensibiliser les parapentistes aux spécificités médicales des personnes handicapées afin de mieux appréhender les conséquences d’un vol non maîtrisé. Au final, une petite partie seulement des élèves repartira avec le diplôme. Pour les autres, « il faudra encore améliorer la technique et tenter à nouveau l’expérience », conclut Jean- Jacques Dousset, qui se dit « agréablement surpris » par l’engouement suscité par cette pratique, également destinée à faire voler les personnes simplement trop âgées.
Jérémy BEAUBET
Les organisateurs du stage bénéficient du soutien de la communauté de communes et de l’Office national des forêts.





